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3)
Une histoire au long cours
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Origines.
Depuis la découverte par le paléontologue
français Éric Buffetaut des fossiles du plus
vieux tyrannosaure connu, on peut dire que l'histoire de
la Thaïlande remonte très loin... La plus ancienne
présence humaine retrouvée en Thaïlande
date de 4000 ans av J.-C. Les recherches préhistoriques
ont pu démontrer que la riziculture, la poterie et
la fonte du bronze étaient pratiquées par
un peuple nomade du Sud de la Chine.
Domination Kmère.
Du 6e au 11e siècles, deux influences se distinguent,
l'une au nord sous la gouverne des Mon dit " Dvarati
" ; l'autre sur la péninsule malaise venant
de Palembang (Sumatra). Puis pendant deux siècles,
c'est l'apogée du royaume d'Angkor (Cambodge) qui
domine alors tout le nord-est et le centre de la Thaïlande
et laisse la trace de sa puissance économique et
culturelle principalement dans la région de Pimai.
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Temple
khmer de Phimaï
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Lan
Na Thaï. Le royaume
des millions de rizières, monarchie Lan Na, fondée
en 1281 par le roi Mengrai de Chiang Saen, s'étendait
des rives du Mékong jusqu'au Sud de Chiang Mai. Le
bouddhisme Theravada de Ceylan aurait été
le principal outil de l'unification et de l'expansion de
ce vaste territoire qui ne fut réellement incorporé
au royaume siamois qu'au 19e siècle.
Sukhothaï.
Au 13è siècle, le royaume de Sukhothaï
s'est développé parallèlement dans
la plaine centrale et est considéré comme
le berceau de l'écriture et de la littérature
proprement thaïes. Adoptant la religion des missionnaires
bouddhistes, cette dynastie s'est affranchie de la domination
khmère pour créer ses propres institutions
politiques.
Elle est considérée par les Thaïs comme
l'apogée d'un style architectural encore admiré
aujourd'hui.
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Sukhothaï
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Ayuthaya.
C'est le royaume de Siam, dont le siège était
à Ayuthaya (nommée d'après le récit
hindou du Ramayana) qui a vaincu Sukhothai au milieu du
14è siècle. En 1432, les Siamois prirent Angkor
que les Khmers abandonnèrent alors définitivement.
La période Ayuthaya fut marquée par d'importantes
réformes administratives, militaires et économiques
centralisatrices et les bases du droit civil thaï d'inspiration
indienne furent jetées.
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Ayuthaya
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Echanges
et Invasions. Au 16e et 17e siècles, les premiers
voyageurs européens visitent le Siam et les échanges
commerciaux et diplomatiques s'intensifient. En 1685, Louis
XIV envoie le chevalier de Chaumont en ambassadeur, accompagné
de l'abbé de Choisy, chargé de convertir le
monarque siamois au catholicisme, peine perdue, il rapporte
un maigre traité commercial profitable à la
Compagnie française des Indes orientales. Le roi
soleil reçut cependant une ambassade siamoise l'année
suivante.
A cette période, certains étrangers (farangs)
sont invités à être conseillers et parfois
ministres du roi. La
période est mouvementée par de violentes incursions
birmanes sur Ayuthaya ainsi que les capitales du Nord qui
furent à plusieurs reprises totalement ruinées.
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Le
Roi Naraï
(1657-1688)
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Dynastie Chakri.
A la fin du 18e siecle, le général Taksin
fonda un nouvelle capitale Thonburi (près de Bangkok)
et mena d'importantes offensives pour chasser les Birmans.
Le 6 avril 1782 l'un des ministres de Taksin devint le roi
Rama Premier en accédant au trône par une rébellion
contre le général devenu fou. Il fonda Bangkok
où il installa, dans le Grand Palais, la dynastie
Chakri qui règne encore à ce jour sur les
destinées du royaume de Siam.
Menaces colonisatrices. Vingt ans plus tard, la menace
birmane était définitivement écartée
mais fut bientôt remplacée par l'appétit
des puissances colonisatrices européennes qui entreprirent
au cours du 19è siècle de soumettre et de
se partager l'Asie du Sud Est. C'est grâce à
un monarque moderne et érudit que la Thaïlande
put échapper à la colonisation. Rama IV signa
d'importants traités de commerce avec les puissances
européennes pour éviter toute incursion militaire.
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Grand
Palais (Bangkok)
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Modernité.
La modernisation de la Thaïlande a fait un bond en
avant sous le règne du vénéré
Rama V (Chulalongkorn), la construction de chemins de fer
et l'abolition de l'esclavage en 1905 en sont des marques
importantes. A la fin de sa vie, il dut tout de même
céder des territoires à l'Indochine française
(le Laos en 1893 et le Cambodge en 1907) et à la
Birmanie anglaise (états de la péninsule malaise).
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Le
Roi Rama V (1868-1910)
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XXè siècle.
C'est déjà largement intégrée
à l'économie mondiale que la Thaïlande
aborde le nouveau siècle et subit de plein fouet
la grande dépression des années 30 (le prix
du riz, principale recette d'exportation, est divisé
par trois). Une période de troubles financiers et
politiques s'ensuit, le roi se reconnaît impuissant
pour redresser l'économie et le 24 juin 1932, des
soldats et des civils éduqués à l'étranger
(dont un certain nombre en France) obtiennent l'abdication
partielle du roi au profit d'une monarchie parlementaire.
Invasion Japonaise. Cependant un gouvernement nationaliste
mené par le général Pibul prend le
pouvoir en 1933. C'est sous sa gouverne que le nom du pays
est changé en Thaïlande en 1939 pour souligner
" l'appartenance " du pays à une ethnie
particulière, certes majoritaire, les Thaïs.
Pendant la seconde guerre mondiale, le gouvernement de Bangkok
s'allia avec les Japonais qui emprisonnèrent les
alliés dans des camps notamment à l'Ouest
de la capitale où fut construit le chemin de fer
de la mort rendu célèbre par le livre de Pierre
Boule sur le pont de la rivière Kwaï (mis en
image par Hollywood).
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Drapeau national adopté en 1917
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Le pouvoir des militaires.
En dehors de l'intermède de l'après-guerre,
qui vit Seni, un progressiste pacifique, à la tête
du pays, Pibul resta au pouvoir jusqu'en 1957. Le triumvirat
militaire qui le remplaça fut destitué en
octobre 1973 par des révoltes étudiantes,
parties de l'université Thammasat à Bangkok.
Le pays resta meurti par les morts et les nombreux blessés
"pour la démocratie". Après trois
ans de politique progressiste, le pays s'est refermé
à nouveau en 1976 sous le régime autoritaire
du premier ministre Prem, toujours sous l'influence des
militaires. Il restreindra la liberté d'opinion et
de la presse tout en accompagnant le pays vers des élections
démocratiques qui eurent lieu en 1988.
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Rassemblement d'étudiants à
Bangkok
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Anti-communisme. Face
aux régimes communistes installés dans les
pays limitrophes (Vietnam, Cambodge, Laos) et l'influence
de la Chine dans la sous-région, la Thailande a toujours
réussi à affirmer son indépendance.
Elle s'allia avec les Etats-Unis qui déversèrent
leur aide financière en contrepartie de l'installation
de leurs troupes sur le sol thaïlandais. A partir de
1975, lorsque les américains se retirent de la région,
ce sont des gouvernements militaires, le roi et la religion
bouddhiste qui empêchent le pays de basculer sous
la houlette communiste.
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Scandales politiques
et crise financière. En 1991, les militaires
renversent un gouvernement démocratiquement élu
mais accusé de corruption. D'immenses manifestations
populaires réprimées firent une cinquantaine
de morts et des centaines de blessés en mai 1992.
La vie politique thaïe est alors des plus tourmentée.
En juillet 1997, la valeur de la monnaie s'effondre provoquant
une crise financière sans précédent
dans toute l'Asie. Trois mois plus tard, la Thaïlande
adopte une nouvelle constitution qui semble renforcer les
principes démocratiques.
XXIè siècle.
De 2001 à 2006, l'homme d'affaire milliardaire Thaksin Shinawatra
fut premier ministre. Comparable à un Berlusconi asiatique,
il a caressé les aspirations nationalistes des Thaïs
et a été élu sur un programme de lutte
contre la corruption dont il a su se protéger par
la suite. Il vit en exil suite au coup d'état militaire qui l'a écarté du pouvoir et pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour conflits d'intérêts. Entre 2008 et 2010, la scène politique thaïlandaise a été particulièrement instable en raison de manifestations de rue organisées par les deux plus importants camps politiques. En avril 2010, la dispersion par l'armée des manifestants installés au centre de Bangkok a fait 91 victimes et des centaines de blessés, le reste du pays restant particulièrement pacifique et attéré par les échaufourrées entre militaires et militants politiques cantonnées à quelques rues de la capitale. Suite à des élections anticipées le 3 juillet 2011, Yingluck Shinawatra, la soeur cadette de Thaksin a été nommée première ministre le 5 août 2011.
Suite
de l'histoire :
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Elections
en février 2005
A gauche, Thaksin Shinawatra
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Suite
: La Thaïlande, un voyage unique

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